Menu Ce qu'il faut savoir

Cette rubrique résume les aspects clés des données publiques ouvertes, à commencer par une définition de ce que ce concept recouvre. Elle montre également comment ce concept est mis en pratique en s’appuyant sur de nombreux exemples.

Les Données Ouvertes, qu’est-ce que c’est?

Le terme «Données Ouvertes» (Open Data) a un sens très précis. Les données ou les contenus sont «ouverts» si chacun peut librement en user, les réutiliser ou les redistribuer, en étant soumis, tout au plus, à des mesures qui protègent l’origine et l’ouverture.

Les données ouvertes revêtent deux dimensions:

  1. Les données doivent être légalement ouvertes; en d’autres termes, elles doivent relever du domaine public ou n’être assujetties qu’à des conditions d’utilisation très souples et un nombre minimal de restrictions.

  2. Les données doivent être techniquement ouvertes, c’est-à-dire publiées dans des formats électroniques exploitables par une machine, et de préférence non propriétaires, afin que chacun puisse accéder à ces données et les utiliser au moyen d’outils logiciels standard et libres. Celles-ci doivent être également disponibles et accessibles sur un serveur public, sans mot de passe ou restrictions engendrées par des pare-feu. Pour que les données soient plus faciles à trouver, la plupart des organisations créent et gèrent des catalogues des données ouvertes.

Licences ouvertes

Les organisations et les pouvoirs publics utilisent des licences ouvertes pour exposer avec clarté les conditions d’utilisation de leurs données. Beaucoup de licences contiennent à la fois une version condensée, destinée à éclairer les utilisateurs sur les aspects essentiels, et une version détaillée, qui présente l’intégralité des conditions de diffusion. Par exemple:

  • Il existe des licences «standard», conçues pour fournir des conditions d’utilisation homogènes et admises par le plus grand nombre, comme Creative Commons, avec notamment les licences CC-By et CC0, ainsi que la licence Open Database — la publication de données sous la licence CC0 revient essentiellement à les faire basculer dans le domaine public.

  • Du côté des États et des organisations internationales, on élabore souvent des licences « sur mesure », à l’instar du Royaume-Uni, de la Banque mondiale ou encore de la France.

Les licences standard peuvent présenter plusieurs avantages par rapport aux licences sur mesure : plus grande reconnaissance parmi les utilisateurs, interopérabilité accrue et mise en conformité simplifiée.

Consultez les documents ci-dessous pour en savoir plus sur la définition des Données Ouvertes et les licences utilisées.

Exemples

Les initiatives de données ouvertes peuvent être menées à différents niveaux et elles relèvent souvent de plusieurs échelons administratifs. Les initiatives menées à l’échelle d’un pays fournissent des données nationales et locales qui sont souvent combinées, ce qui suppose de rassembler diverses sources de données en un seul lieu. Les initiatives menées à l’échelle locale ou communale sont d’ambition plus modeste, mais de conception semblable. Les agences ou divisions sectorielles autonomes disposeront, elles, de leurs propres jeux de données sur un thème particulier. Enfin, d’autres sources peuvent mettre à disposition des catégories de données spécifiques, comme des indicateurs statistiques, des données géospatiales, des microdonnées (enquêtes sur les entreprises ou sur les ménages).

Vous trouverez ci-dessous des exemples de projets menés par des États ou des collectivités territoriales, par des agences autonomes ou encore sur des thématiques spécifiques. Cette liste ne vise pas l’exhaustivité: les initiatives d’Open Data officielles se comptent en effet par centaines. Vous trouverez d’autres exemples sur les sites data.gov et Open Data Census.

Au niveau national

Au niveau local

Par secteur ou thème

Les exemples suivants de Données Ouvertes sont classés par secteur et par thème. Pour consulter des exemples d’applications qui utilisent ces sources de données, voir [utilisations des Données Ouvertes - #uses].

Secteur Site web
Agriculture The USDA National Farmers Market Directory
Agriculture U.K. Department of Agriculture and Rural Development
Budgets et finances publiques WB Open Budgets
Budgets et finances publiques OpenSpending
Budgets et finances publiques International Budget Partnership
Budgets et finances publiques The International Aid Transparency Initiative (IATI)
Budgets et finances publiques U.S. IRS Tax Statistics
Éducation Ed Data Inventory
Éducation MyData Office of Educational Technology
Éducation CheckMySchool
Énergie et industries extractives Initiative pour la transparence dans les industries extractives
Énergie et industries extractives U.S. Department of Energy
Énergie et industries extractives Enel Open Data (principale compagnie d’électricité en Italie)
Environnement Open Climate Data
Environnement Fuel Economy Data (Agence américaine pour la protection de l’environnement)
Environnement New York City Environment Open Data
Géospatial OpenStreetMap
Géospatial Haiti Data geospatial information
Santé The U.S. Department of Health & Human Services
Santé Agency for Healthcare Research & Quality (AHRQ) Databases on healthcare cost & utilization in the U.S.
Santé WB Health Data
Technologies de l’information et de la communication (TIC) Australian ICT Open Datasets
Transport OpenPlans
Transport European Public Sector Information Platform: Transport
Eau Global water database

Usages

Pour que l’ouverture des données ait un impact et une valeur réels, il faut pouvoir exploiter ces données. Voilà pourquoi il est indispensable que celles-ci soient utilisables ; c’est un facteur déterminant pour la réussite d’une initiative de Données Ouvertes. Parmi ces critères d’utilisabilité, il y a notamment le fait d’associer à une donnée des métadonnées (c’est-à-dire des « données sur les données »).

Deux indicateurs témoignent de la réussite d’un projet de données ouvertes : l’exploitation par les développeurs de ces données dans le but de créer de nouveaux produits et services utiles ou leur intégration à des produits ou services déjà disponibles. Idéalement, cette dynamique enclenchera un cercle vertueux : les nouveaux produits accélèrent la demande de données ouvertes, ce qui entraîne la publication de jeux de données supplémentaires, puis le développement de nouvelles applications, et ainsi de suite. On observe le même type de dynamique vertueuse en ce qui concerne la qualité des données : en soulevant des questions et en donnant leur avis sur les données qu’ils tentent d’utiliser, les utilisateurs amènent les producteurs de données à améliorer leurs métadonnées et les autres informations essentielles pour l’exploitation des données.

La liste qui suit contient des exemples d’applications créées à partir de données en libre accès, regroupées par sujet. La plupart ont été développées dans le cadre de concours, de hackathons ou d’autres activités jouant sur la demande, dans le but de promouvoir l’utilisation de ces données à des fins spécifiques.

Environnement

  • mWater Une suite d’outils gratuits qui recourent à la technologie GPS, au cloud et aux technologies mobiles afin de proposer une approche intégrée pour la gestion de l’eau et des services d’assainissement et pour la prévention des maladies véhiculées par l’eau et de leurs effets sur les populations.

  • Save the Rain Cette application montre aux utilisateurs comment réduire l’impact de la diminution alarmante des précipitations annuelles prévue par la Banque mondiale. Les utilisateurs estiment le volume d’eau de pluie qu’ils sont susceptibles de récupérer chaque année, par le biais de cartes et d’une approche inédite pour la collecte des eaux de pluie ruisselant des toits.

  • Ecofacts Cette petite application fournit des indications sur la consommation d’énergie et le changement climatique et explique en quoi les citoyens et les collectivités peuvent moduler l’impact de ces deux facteurs sur l’environnement.

Budget et dépenses publiques

  • OpenSpending Cette application recense les transactions effectuées par plus de 70 pays du monde et les présente sous forme de graphiques utiles et attrayants afin de susciter l’intérêt de tous, des élèves aux amateurs de données. Le site dispose d’une base de données financières en libre accès, d’une communauté d’utilisateurs et de contributeurs et d’un ensemble de ressources libres comprenant des données techniques, budgétaires et politiques.

  • Moldova BOOST Cette application collecte et compile des chiffres détaillés sur les dépenses publiques moldaves, à partir des systèmes nationaux du ministère des Finances, et les présente dans des formats simples, pour une navigation intuitive.

  • African Budget Data Explorer Ce site met à disposition du public une série de visualisations chronologiques interactives des budgets africains, pour suivre l’affectation des dépenses, examiner et comprendre les priorités budgétaires, peser sur les priorités électorales et faire entendre l’opinion des utilisateurs, afin de veiller à ce que les prestations soient conformes aux budgets.

Santé et éducation

  • CheckMySchool Ce programme de surveillance, qui vise à améliorer les services de l’enseignement public aux Philippines, s’appuie à la fois sur les technologies numériques et la mobilisation citoyenne, afin de promouvoir responsabilité et transparence. Il facilite l’accès aux informations, offre aux usagers un espace qui leur permet de faire part de leurs observations, et aide les pouvoirs publics et les citoyens à résoudre les problèmes du système éducatif par une approche collaborative.

  • Merge of HealthFacility Cette application dont l’objet est de localiser les centres de santé a été développée dans le cadre de l’Initiative ghanéenne pour le libre accès aux données (GODI), sous l’égide de l’Agence nationale des technologies de l’information (NITA).

Services publics

  • Spikes Cavell Cette organisation dote les responsables de l’enseignement supérieur et du secteur public des outils nécessaires pour diminuer les coûts, accroître la transparence et les performances, dans un souci d’amélioration des processus d’achat de biens et de services. Sa plateforme remédie aux données incomplètes, classées de manière erronée ou distribuées au sein de systèmes partiellement intégrés pour en faire un instrument d’intelligence économique.

  • Elgin (UK street works) Roadworks Information Unlimited offre un accès en temps réel à des informations sur les travaux de voirie effectués dans les municipalités, sur les autoroutes et le long des itinéraires empruntés par les poids lourds en Angleterre et au Pays de Galles. Ces informations sont accessibles depuis des sites web, des systèmes de navigation et des appareils mobiles. Les utilisateurs peuvent ainsi savoir où et quand des travaux ont lieu, connaître les maîtres d’ouvrage et évaluer les répercussions sur les transports.

  • PoliceUK Cette application participative met en contact citoyens et forces de police afin de promouvoir la vigilance de la population dans un souci de prévention de la criminalité. Elle présente sous forme d’instantanés les délits survenus dans les quartiers et leur classement, rangés par catégorie, en s’appuyant sur des cartes et les données fournies par les patrouilles locales et lors des réunions de secteur.

Gouvernement ouvert

  • Civic Commons Ce site d’information aide les pouvoirs publics et les institutions à mettre en commun leurs connaissances, les solutions et les meilleures pratiques, dans l’optique de faire un meilleur usage des technologies et de faire progresser le libre accès aux données publiques et le concept de gouvernement ouvert. Il apporte son soutien à une communauté de technologues citoyens, en leur donnant accès à un centre documentaire d’informations et d’applications publiques et citoyennes, assorties de leur code.

  • Socrata Open Data Applications Ce site rassemble de nombreux exemples d’initiatives qui illustrent l’essor des applications citoyennes nées de l’Open Data.

  • GotToVote! Cet outil a pour objectif d’aider les citoyens à déchiffrer des enjeux liés à l’actualité et les pousser à agir, en leur montrant que des événements nationaux, tels que la tenue d’élections, les concernent personnellement. Conçu dans le cadre d’un projet de journalisme de données entrepris par l’initiative Code4Kenya, il diffuse les résultats de scrutins locaux et les remet en contexte grâce à des informations sur les tendances observées dans les collectivités et sur les irrégularités constatées.

Autres

  • BrightScope Cet outil apporte de la transparence à des marchés opaques en offrant la possibilité à des employeurs, des employés et des tiers de comparer des régimes de prestations avec ceux d’entreprises concurrentes comparables aux États-Unis. Il collecte automatiquement des données financières clés à des fins analytiques, en se consacrant à deux secteurs principaux : les régimes de retraite et la gestion de patrimoine.

  • DataViva Avec plus de 100 millions de représentations graphiques interactives, cet outil met à la disposition du public des données couvrant l’ensemble du secteur formel de l’économie brésilienne (exportations, bassins géographiques, secteurs d’emploi, etc.) et sert de plateforme de dialogue entre les secteurs public et privé.

  • Machine Readability Project. Ce projet inclut des exemples d’open data dans les pays à faible revenu ou revenu moyen qui utilise des données lisibles par un ordinateur. Ces cas d’études ont été développés dans le cadre de l’Open Data Impact Map.

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